
LE BANANIER
D'origine asiatique, il est certainement arrivé aux Antilles en 1493. Plante géante de 3 à 8 mètres de hauteur, il affectionne un climat
tropical et une pluviosité de 120 à 150 mm de pluie mensuelle.
Bien que le bananier puisse atteindre une taille relativement grande (9 m), ce n'est pas un arbre. En effet, il ne forme pas un tronc
ligneux. Le pseudo - tronc est en réalité formé par les pétioles des feuilles. Ceux-ci se recouvrent partiellement et constituent une
structure portante, un "faux tronc". Les pétioles portent à leur extrémité un grand limbe allongé avec au centre une nervure médiane.
Les feuilles peuvent atteindre 4 m de long et 1 m de large. La tige du bananier est très courte et entièrement souterraine.
Elle apparaît sur un rhizome, qui produit régulièrement de nouvelles tiges. Le rhizome porte une masse importante de racines longues
et fines, situées juste sous la surface du sol.
Si vous êtes intéressé(e) par les étapes de sa culture, la terminologie courante employée et les transformations intervenant dans sa
croissance, cliquer sur le lien "culture" ci-contre. Culture
Jeunes bananiers Les vitro-plants donnent des Beau régime Régime sous sachet de protection
bananiers sains et vigoureux et lien de repérage pour récolte
LA BANANE, FRUIT UNIVERSEL
Les bananes consommées de nos jours appartiennent toutes au genre Musa, au sein duquel on distingue quatre sections
Rhodochlamys, Callimusa, Eumusa et Australimusa. Les deux premières contiennent essentiellement des variétés ornementales.
La section Australimusa contient un certain nombre d'espèces sauvages, parfois cultivées pour leurs fibres (Musa textilis), et des
variétés cultivées pour leurs fruits, les Fe'is, présents uniquement dans le Pacifique. La section Eumusa est quant à elle à l'origine
de la majorité des bananiers cultivés pour leurs fruits dans le monde. On y retrouve des variétés sauvages, diploïdes et fertiles,
des variétés ancestrales, également diploïdes mais assez fortement stériles pour que leurs fruits soient consommables (absence de
graines dans les fruits), et de nombreuses variétés cultivées, triploïdes et stériles.
Les formes sauvages Musa acuminata
et Musa balbisiana, se rencontrent encore aujourd'hui dans une grande
partie du
Sud Est Asiatique, de l'Inde à la Papouasie-Nouvelle-Guinée. La sélection par l'homme a permis au fil des siècles de créer les
variétés consommées de nos jours. Plusieurs équipes de recherche développent actuellement des programmes d'amélioration variétale
du bananier à travers le monde, comme la Katholieke Universiteit de Leuve (Belgique), le Cirad aux Antilles françaises, l'Embrapa
au Brésil, la FHIA au Honduras, le CARBAP au Cameroun et de nombreux autres organismes en Inde, au Viêt Nam, en Afrique...
Selon les écoles, les stratégies d'amélioration sont variées, mais reposent toutes plus ou moins sur des biotechnologies modernes.
Elles permettent de créer de nouvelles variétés plus résistantes aux parasites et ravageurs de cette culture.
Le fruit du bananier n'est pas seul à être utilisé. Peuvent être consommés les pousses ou utilisés les troncs pour des barrages sur
des cours d'eau, les feuilles en couverture de cases ou abris légers ou comme "assiettes", les fibres pour tresser chapeau et autres
articles.
Quant à la banane consommée en tant que fruit ou "légume", elle peut être séchée, fermentée et distillée, préparée flambée suivant
la recette de renommée mondiale, utilisée pour la préparation de pâtisseries, confitures et punchs...tant de pratiques et de
recherches ne débouchent pas sur une production et une commercialisation !
Il en existe plus de mille variétés, pas toutes comestibles. Les plus connues sont la cavendish, la poyo, la freyssinette, la figue
pomme, la banane rose et la plantain. Toutes sont riches en potassium, calcium, phosphore, fer, magnésium et vitamines A, B
et C mais digestibles et légères en calories.
En termes de valeur de production, les bananes et les bananes plantain se situent au 4e rang des plantes alimentaires d'importance
au niveau mondial.
Les bananes exportées sont placées au 4e rang des produits de base au niveau mondial et au 3e rang en tant que fruit (derrière
l'orange et le raisin). 50 % de la production est assurée par un seul groupe de bananes cultivées appelé Cavendish
Patte de bananes dites dessert Figues-pommes Bananes plantain Pousses issues de la popotte
DU PLANT A L'ETAL
Suivant la latitude, l'exposition, l'ensoleillement et la pluviométrie, 8 à 10 mois vont s'écouler entre la plantation
du bananier et sa vente sur les étals en Europe ou localement.
LA RECOLTE à l'aide d'une machette,elle fait intervenir coupeurs et porteurs qui recueillent les régimes
sur des plateaux matelassés et les déposent sur la remorque spécialisée ou le convoyeur aérien. Toutes ces
opérations requièrent beaucoup de soins pour que les fruits restent intacts.
Le coupeur associé au porteur Le porteur se dirigeant vers la remorque Arrivée au hangar
qui est chargée avec précaution
PREPARATION puis DEPATTAGE consistent à retirer les styles et stigmates puis à détacher de la hampe les
mains du régime puis à les fractionner pour obtenir des "bouquets" de 4 à 7 fruits.
Le dépistillage , opération de patience et de concentration Le régime subit Fruits écartés de
maintenant le "dépattage" l'exportation
LE LAVAGE ou TREMPAGE. Cette opération va conditionner la conservation des fruits pendant le transport et
leur aspect à l'arrivée en mûrisserie.
Les bouquets soigneusement tranchés sont immergés dans des bacs pour y être lavés, traités contre les
champignons puis rincés et égouttés.
Bac de lavage en attente des Découpe nette des bouquets Lavage et découpe La 1°préparation des
"pattes" de bananes et sans meurtrissures nécessitent gestes précis plateaux de pesée
et attention
LE CONDITIONNEMENT est aussi une étape importante constituée du tri, de la pesée, de l'emballage
dans des cartons normalisés de 18.5 kg nets.
Les fruits sont protégés par un film de polyane aéré et disposés sans compression.
La palettisation suit, si le container frigorifique ouvert sur le hangar est chargé en fin de chaîne.
Pour les petites exploitations un véhicule transporte les cartons vers le centre de regroupement des petites
productions.
Ajustement à 18.5 kg du poids La mise en carton Les cartons non formés Mise en forme et collage se
de chaque plateau futur carton. réclame adresse et attendent leur tour... pratiquent pendant ce temps
logique de disposition.
Fermeture d'un carton Prêts pour la palettisation Banane montagne issue de La palettisation si importante
plantations d'altitude pour une bonne tenue
dans le container
LA MISE EN CONTAINERS FRIGORIFIQUES Ils sont équipés de leur propre groupe de réfrigération afin de
maintenir les fruits à une température constante jusqu'à l'arrivée en mûrisserie de l'autre coté de l'Atlantique.
Elle se fait au centre d'empotage du groupement de planteurs, pour les petites quantités de cartons acheminées
par les exploitants. Pour les autres, le container se présente contre l'aire de chargement du hangar et doit être
chargé de ses 545 cartons palettisés pour un 20 pieds, dans les meilleurs délais pour limiter son immobilisation
et permettre le chargement sur le porte-container en temps utile. Cette opération demande organisation et
personnel en nombre suffisant. Une vingtaine d'ouvriers pour une bonne organisation de tous les postes de travail.
Le container vide est Les cartons pleins sont prêts Ici, le convoyeur amène Départ du container
en attente la palette à l'entrée du container. vers le port
LE TRANSPORT MARITIME est assuré par des cargos spécialisés porte - containers où se fait le suivi de la
réfrigération des containers assurant des rotations hebdomadaires entre les Antilles et la métropole.
La régularité des départs et les conditions de température ( 12 à 14°) sont primordiales pour l'organisation
mise en place par les planteurs et la qualité des fruits contrôlée dès l'arrivée.
Entrée du port de commerce Notre container est soulevé Il est déposé au sol ou Un nouveau container vide
international ( ici Jarry - 97 1) du plateau sur un autre container va rejoindre l'exploitation
du camion tracteur . en attente de départ lui aussi
Spectacle des énormes grues Un cargo porte-container La salle de contrôle Arrivée en Europe après une
de chargement des containers du navire traversée de 7 à 8 jours env.
sur les navires.
A Dunkerque, nos bananes sont déchargées puis dirigées vers les mûrisseries
où elles sont contrôlées avant la phase de mûrissage
LE MÛRISSAGE. Arrivées encore vertes dans les ports de métropole après la traversée de l'Atlantique,
la banane séjournera 4 à 6 jours en mûrisserie afin de remonter progressivement en température sous émission
d'éthylène pendant que l'amidon se transforme en sucre et que la couleur jaune se substitue au vert d'origine.

Ici, les bananes déchargées des navires, reprennent leur cycle de mûrissage et se préparent
à être acheminées vers les lieux de commercialisation. ( au centre un poste de contrôle).
LA COMMERCIALISATION. Bien des jours se sont s'est déjà écoulés depuis la récolte. Les cartons sont alors
acheminés par route ou rail vers les centres de vente ou de rediffusion. Les consommateurs vont pouvoir
mettre dans leur chariot ou leur panier un fruit savoureux évocateur des tropiques, longtemps inabordable
aux personnes d'origine modeste et dont ils ignorent le plus souvent le long cheminement qui a mobilisé tant
d'efforts et d'hommes et où tant d'intérêts sont en présence...
Une petite partie de cette production a été écoulée sur le marché local, sous forme de poyos,
bananes dessert, plantins , figues pommes mais l'avenir de la profession passe d'abord par l'exportation
vers le marché européen.

A.P A.P
Merci à Armande pour avoir pris ces photos dans des supermarchés de l'hexagone.
Pourquoi les Vitro.plants ?
Saison cyclonique1995. Les ouragans Iris, Luis et Marilyn détruisent la quasi-totalité de la bananeraie guadeloupéenne.
1995, c'est encore l'espoir de l'OCM.
Une forte demande de V.P, dans l'urgence, sensibilisera les planteurs dont la plupart n'en tirent pas encore le profit attendu
par méconnaissance des conditions que les V.P réclament. C'est avec le temps que vont être maîtrisés les avantages
des V.P et les règles à respecter.
- Avantages agronomiques et économiques car moins coûteux que le plant traditionnel (la baïonnette). Le cycle est plus court.
- Amélioration des rendements par la croissance plus rapide. La monoculture intensive et l'accumulation de parasites et
ravageurs du système racinaire font inexorablement chuter le rendement et la qualité.
- Diminution des traitements nématicides reportés de 12 à 18 mois si le sol a été mis en jachère pendant 12 mois minimum
ou soumis à rotations de cultures.
Les ennemis des bananiers :
- Charançons noirs du bananier(cosmopolites sordidus -coléoptère). Sévit en toutes zônes. C'est la larve qui cause les dégâts.
- Nématodes : Vers ronds de taille microscopique : Radopholus similis, Hélicotylenchus multicintus, Méloïdingine) provoquant
des nécroses racinaires.
- Champignons : Cercosporiose jaune. Traitée par voie aérienne; moins virulente que la cercosporiose noire absente de
Guadeloupe pour le moment mais la menace se précise....
Cylindrocadium..
- Insectes : Thrips - 1 à 2 mm de long, 50 à 60 espèces en Guadeloupe.(Thrips de la fleur, de la rouille et de la rouille
argentée (occasionnée par
Hercinothrips - Fémoralis Reuter -. Peu de solutions hormis pose des gaînes en temps opportun ).
- Acariens : Araignées rouges.
- Virus : Mosaïque ou chlorise infectieuse. Mais aussi et moins répandus ou moins ravageurs... secondaires et ponctuels
- Bactériose : bactérie se développant en cas d'excès d'eau. Pseudomonas solanacearum) peuvent attaquer le tronc
et les fruits. Si on constate cette maladie, il y a seulement une solution : abattre la plante et la brûler.
- Fusarioses : dues à des champignons.
- Escargots et rats.
Les laboratoires spécialisés connus de tous sont ceux du CIRAD-FLHOR de GESTON ou de l'INRA.
Origine et élaboration des vitro-plants:
Les premiers essais de vitro-plants (V.P) ont eu lieu en Guadeloupe en 1990. A l'époque, trois pépinières fournissaient
les V.P aux planteurs intéressés.
Les Jardins de Courcelles à Sainte-Anne avec pour fournisseur de méristèmes les laboratoires VIROPIC de Montpellier
( 40.000 V.P en 2005), Guadeloupe-vitro au Lamentin (tous deux disparus aujourd'hui) et Meristem Antilles, seule pépinière
productrice à ce jour, ont connu au début de leur production l'apparition inévitable de variants, plants mutants par rapport à
la souche de départ. (sur les 150 00 V.P livrés en 1993, 30% avaient muté principalement en nains, mosaïques like et
déformés). Actuellement, les variétés les plus demandées sont WILLIAMS R80 et JAFFA.
Pas d'OGM interdits en Europe pour la banane mais des V.P issus de plants vierges de virus et nématodes de variétés
sélectionnées et séparés physiquement sur la souche mère.
Leur résistance et leur vitalité sont dus à l'absence de tout ce qui sclérose les plants traditionnels. Les V.P sont sains mais
demeurent sensibles aux mêmes parasites et ravageurs que tout types de plants.
1° Stade : SEVRAGE
Les micro-plants de 1 à 2 cm voyageant par avion dans des boites hermétiques à T° ambiante arrivent sur le site de la
pépinière 2 jours après leur départ d'Israël.. Commence un sevrage de 5 à 6 semaines sous serre avec sas, température
de 26 à 28° dans des alvéoles garnies de substrat neutre de Finlande additionné de tourbe et de pozzolane en quantités
variables suivant les stades de croissance. 2 tris sont effectués. La fragilité des plants engendre des risques importants
de mortalité dus au choc thermique, à l'excès d'eau ou de chaleur ou à un développement bactérien.
2° Stade : GROSSISSEMENT (ou acclimatation)
Pendant 7 à 8 semaines, après avoir été transférés dans des pots définitifs destinés aux planteurs, les plants atteignant
maintenant 15 à 20 cm de hauteur, sont soumis à une irrigation durant 10 mn /jour. Fertilisants en quantité infinitésimale
et irrigation sont pilotés par ordinateur.
Après quelques mois sur les exploitations
On peut constater une émission racinaire importante par rapport aux plants traditionnels.(visible dès la livraison en pots).
On doit effectuer
- L'élimination des rejets entre la 10° et la 12° semaine car le pied-mère écrase les rejets en formation.
- L'élimination de la 2° série de rejets 3 à 4 semaines plus tard. ne laisser que le rejet de production du cycle.
Si vous voulez en savoir encore plus sur bien des aspects de cette réalité à la fois technique et scientifique, et plus encore...alors cliquez sur :
Plus avant dans la connaissance...
Et les planteurs ?
Ils rencontrent les difficultés dues au manque d'anticipation et de trésorerie mais aussi aux décisions de Bruxelles. Un petit nombre
d'entre eux réussit à surmonter ces problèmes par une gestion responsable et anticipative, prévoyant dans leur trésorerie,
indépendamment des subventions européennes à la replantation, de quoi pratiquer la jachère ou la poly-culture et leur participation
financière propre à l'acquisition des V.P. Et quand les décisions d'aide à la replantation arrivent, ils oublient qu'un V.P réclame
environ 20 semaines de délai si les produits des serres sont déjà attribués.
La relance des plantations en décembre 2005, due à une confiance en partie revenue suite à la création du Groupement unique
LES PLANTEURS DE GUADELOUPE, se traduit aussi par une demande non satisfaite car les commandes ont été passées
dans l'urgence. Tino DAMBAS pratique quant à lui les rotations culturales et la jachère.
Méristem Antilles.
La COPROBAN dont le gérant est actuellement Mr LACAZE, est constituée de 6 exploitations bananières d'une superficie de
350 Ha et de la pépinière Méristem Antilles située à Morne-à-l'eau. Mr JAIRO Marin, Ingénieur Agronome, est responsable de
toutes les activités de la pépinière et Monsieur PERIANIN J.Pierre, de la production sur le site et du suivi chez les planteurs.
Aujourd'hui, la pépinière maintenant seul producteur de V.P en Guadeloupe, est en mesure de répondre à la demande de tous les
planteurs de Guadeloupe à condition que les délais de commandes soient respectés. Méristem Antilles se fournit en méristèmes
auprès des laboratoires RAHAN MARISTEM situés en Israël fournisseur en Martinique, Guadeloupe et divers pays d'Afrique.
Quelques chiffres...
En 2001, 5750 Ha de bananiers représentent une production de 120 000T de bananes exportées.
Depuis 2003, 550.000 V.P diffusés à raison de 2000 plants/Ha.( 3 fournisseurs confondus).
Capacité actuelle de Méristèm Antilles : 550.000 à 600.000 V.P/an. soit 8 à 10.000 V.P/serre et 18.000 V.P livrés/semaine
en période de haute densité avec 1Ha sous serres. Tino DAMBAS a pour projet en cours, 60 000 V.P pour 2006.
En conclusion.
La relance de la filière banane passe par notre obligation de qualité et de gestion mais aussi par
les décisions des instances européennes.
Qualité et rendement sont tributaires de l'usage des incontournables vitro-plants.
Il s'avère qu'en la matière comme toujours, seule une gestion rigoureuse permettant la mise en
jachère de parcelles, l'avance anticipée pour l'acquisition de vitro-plants et une recherche au
quotidien de la qualité et de la productivité peut repousser le spectre de la cessation
d'activité car la situation actuelle n'est qu'une gestion de l'urgence pour sauvegarder
un minimum de tonnage.
Nous tenons à remercier Monsieur PERIANIN de Méristém Antilles pour sa disponibilité et ses apports techniques.

C'est en juillet 1920 que Maurice Fissier quitte le sol de la métropole pour se rendre en Guyane, via la Guadeloupe, en empruntant
le paquebot LA NAVARRE. Il a pour projet la création d'une affaire d'import-export de bois guyanais et tout particulièrement du
fameux bois de rose. Jean Galmot, député-maire de Cayenne, l'y attend pour appuyer son projet. Yvonne Fissier, née Bouygues
et petite-fille Saint-Val, est basse-terrienne de naissance et quand le paquebot fait escale en Guadeloupe, elle retrouve avec
émotion sa terre natale qu'elle va faire découvrir à son époux....c'est le coup de foudre et Maurice Tissier ne repartira
pas pour la Guyane !

A cette époque, c'est la canne à sucre qui est le pivot de l'économie coloniale des Antilles. Une quinzaine d'usines sucrières
produisent en Guadeloupe, avec le rhum, des tonnages conséquents exportés vers la métropole. La crise est proche du fait de leur
contingentement récent. Crise aussi pour le café, la vanille, le cacao et le roucou concurrencés (déjà !) par d'autres pays tropicaux
qui avaient mis à profit la guerre de 14-18 pour industrialiser leurs productions..
Maurice Fissier, tout en réprouvant l'abandon de ces cultures au profit de la seule canne, se battit avec détermination pour
l'implantation de la banane afin de diversifier la production locale. En juillet 1921, il entame ses campagnes de communication
...dans les mairies, avec l'amicale complicité de Monseigneur Pierre Genoud et des prêtres évoquant l'intérêt de cette culture,
en Martinique, où il se rendit aussi pour apporter la "bonne parole".
Les politiciens de l'époque l'aidèrent à mettre en oeuvre ce projet : Gratien Candace et Achille René Boisneuf députés,
Henri Béranger, sénateur, relayèrent l'enthousiasme et les arguments de Maurice Fissier.
Dés la fin de 1920, les premières expéditions de régimes, sur des paquebots, furent expédiés avec succès vers Saint-Nazaire et
Le Havre. Maurice Fissier se rendait compte que les tentatives avortées avant 1914 étaient dues au fait que les "figues-pommes"
et "figues-sucrées", seules consommées crues localement à l' époque n'étaient pas adaptées au transport. La "poyo",
plat du petit peuple, qualifiée dédaigneusement de "banane à cochons" par les plus nantis, s'avère après différentes tentatives,
la plus adaptée aux traversées de 10 à 12 jours. Moqueries et quolibets pleuvent mais Maurice Fissier n'en n'a cure et l'envo
des premières caisses produites à Saint-Claude et Matouba est un succès.
En 1922, M.F puis, en s'inspirant de ses convictions, les frères Cabre et les frères Lignières expédient 35 tonnes puis 515 t en
1923 et 1000 t en 1925.
En 1924? M.F loue à la colonie le fort Richepanse (actuel Delgrès)et y installe ses ateliers, entrepôts, magasins et hangars de travail.
Déjà la Transat ( Compagnie Générale Transatlantique) et le gouvernement français subissant les pressions des exportateurs
de Guinée, du Cameroun et des Canaries, n'apportent pas tout le soutien attendu à la production guadeloupéenne !
LES DURES EPREUVES ......
12 septembre 1928. Le tristement célèbre cyclone ravage aussi les plantations. M.F directeur de la société "La Bana" avait oeuvré
en métropole pour l'affrètement de deux navires spécialisés mais le désastre lui fait reporter le départ des navires pour la Guadeloupe,
aggravant les charges de "La Bana".
Pour y remédier, il les fait officiellement affecter provisoirement au transport vers la Guadeloupe exangue, de denrées de première
nécessité et de matériaux de reconstruction. La Transat s'y oppose et Paris entérine malgré son accord initial ! Ce refus entraînera
la faillite de "La Bana" et les espoirs des petits planteurs.

Une autre épreuve attend M.F, vieil et ardent mutualiste convaincu. Instigateur du Syndicat des Planteurs et Exportateurs, il avait
souhaité que les petits planteurs reçoivent au départ des régimes, une avance d'un montant proche du prix de leurs envois et qu'ils
soient ensuite associés aux bénéfices retirés après les mesures de sauvegarde promises par le gouvernement français. Opposition
des gros planteurs qui sera à l'origine de la scission et de la constitution du Groupement Bananier de la Guadeloupe (GBG)
représentant environ 60% de la production. M.F a contourné cet obstacle qu'il n'acceptait pas en créant
la Société Fruitière Karukéenne en 1932, avec Mrs Moinac, Rateau et lui-même, société alliée au GBG permettant ainsi la juste
répartition des bénéfices !
Il deviendra alors la cible de toutes les attaques de la part de ceux qu'il avait dépossédés de leurs profits injustes...
En 1934, le Conseil Général de la Guadeloupe adoptera à l'unanimité, une motion concernant le métropolitain d'origine
" Maurice Fissier, le promoteur, le "Père de la banane", a bien mérité de la Guadeloupe..."
....l'Histoire est un perpétuel recommencement !...
SCEA Changy - Dambas Accueil Fête de fin d'année 2006
Dernière mise à jour le 02/08/2011 19:47:35